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SBTi V2.0 est finalisée : ce qui a changé depuis le projet de novembre 2025

SBTi FLAG
Scope 3
updated on:
23/7/2026
Ina Durante
Brand Content Manager at Carbon Maps
La norme SBTi Corporate Net-Zero Standard V2.0 est finalisée (juin 2026), avec sept évolutions majeures depuis le projet de novembre : cadre Scope 3 simplifié, nouveau palier OER, et modèle de validation révisé.

Points clés à retenir

  • Le 11 juin 2026, la SBTi (Science Based Targets initiative) a publié la version finale du Corporate Net-Zero Standard V2.0, applicable à compter du 1er février 2027, remplaçant le cycle de validation en quatre étapes du projet de novembre 2025 par un modèle simplifié en deux étapes : la Target Validation (validation des objectifs) et l'End-of-cycle Assessment (évaluation de fin de cycle).
  • La définition des objectifs Scope 3 dans le Corporate Net-Zero Standard V2.0 est simplifiée en trois options : la réduction absolue des émissions, l'alignement des fournisseurs et des clients, ou des objectifs spécifiques par catégorie ; cette nouvelle approche remplace l'ancienne règle de couverture à 67 % par une exigence de traiter chaque catégorie représentant au moins 5 % du total des émissions Scope 3, ce qui concerne, pour la plupart des entreprises agroalimentaires, l'agriculture, l'emballage, la logistique et l'utilisation du produit.
  • Le Corporate Net-Zero Standard V2.0 introduit l'identification obligatoire des Emissions-Intensive Activities (EIA), telles que la production d'engrais, l'élevage et les matières premières liées à la déforestation, ainsi qu'un nouveau palier « Advanced » au sein de l'Ongoing Emissions Responsibility, exigeant une couverture à 100 % des Scopes 1 et 2 et le financement d'au moins 10 % du total des émissions continues, à un tarif minimum de 20 dollars par tonne de CO₂.
  • Les entreprises de catégorie A (Category A) doivent désormais obtenir une assurance tierce partie obligatoire sur leurs inventaires de référence des Scopes 1, 2 et 3, une exigence qui valorise les données agricoles traçables, spécifiques aux fournisseurs et au niveau produit que Carbon Maps est conçu pour fournir aux entreprises agroalimentaires en préparation de leur conformité au V2.0.

Si votre équipe développement durable suit l'évolution du Corporate Net-Zero Standard V2.0 de la SBTi depuis notre analyse de novembre 2025, voici la mise à jour que vous attendiez.

La version finale V2.0 a été publiée le 11 juin 2026 et, si l'architecture générale du projet de novembre demeure intacte, plusieurs dispositions ont été révisées de manière à affecter significativement la façon dont les entreprises agroalimentaires planifient leurs actions, définissent leurs objectifs et démontrent leurs progrès. Certaines de ces révisions constituent de réelles améliorations. L'une d'entre elles en particulier pourrait vous amener à revoir les hypothèses que votre équipe avait établies sur la base du projet initial. La version finale de la norme a orienté le Scope 3 dans une direction différente de celle attendue par de nombreux acteurs.

Voici ce qui a changé, et ce que cela signifie pour votre équipe.

1. Le modèle de validation de la SBTi de nouveau simplifié

Le projet de novembre décrivait un cycle en quatre étapes : Entry Check → Initial Validation → Renewal Validation → Spot Checks (contrôle d'entrée, validation initiale, validation de renouvellement, contrôles ponctuels). La version finale rationalise ce processus en deux étapes :

  1. Target Validation (validation des objectifs) : conduite par un organisme de validation reconnu par la SBTi, elle évalue la conformité de l'ensemble des objectifs avant toute communication publique de l'entreprise.
  2. End-of-cycle Assessment (évaluation de fin de cycle) : un rapport d'avancement soumis par l'entreprise à l'issue de chaque cycle de cinq ans, faisant l'objet d'une vérification indépendante pour les entreprises de catégorie A.
Infographie comparant les seuils net zéro des Catégories A (grandes/moyennes entreprises, exigences strictes) et B (autres entreprises, exigences allégées) de la SBTi selon le chiffre d'affaires, les effectifs et les émissions Scope 1+2.

L'Entry Check a été intégré au processus d'enregistrement plutôt que traité comme une étape de validation formelle. Les contrôles ponctuels (Spot Checks) ne sont plus mentionnés en tant que mécanisme distinct.

Pour les entreprises agroalimentaires, cette évolution est déterminante : elle clarifie le point de départ du calendrier, l'élément déclencheur du renouvellement quinquennal, et le niveau d'exigence attendu pour les données vérifiées en fin de cycle. Le processus est plus simple, mais les exigences en matière de données se renforcent à chaque étape.

2. Scope 3 : un cadre simplifié, non complexifié

Il s'agit du changement le plus significatif, et de celui présentant le plus grand risque d'interprétation erronée.

Le projet de novembre définissait trois types d'objectifs pour le Scope 3 : (1) les objectifs d'intensité des émissions, (2) les objectifs d'alignement des activités, et (3) les objectifs d'alignement des contreparties, avec des règles distinctes pour chacune des catégories du GHG Protocol (catégories 1 à 14). Dans la pratique, cette approche produisait une matrice dense, catégorie par catégorie, que la plupart des entreprises peinaient à exploiter.

La version finale remplace l'ensemble de ce dispositif par trois options globales :

  • Option 1 : réduction absolue des émissions.
    Une contraction linéaire des émissions totales de Scope 3, de l'année de référence jusqu'à un niveau résiduel (environ ≤10 %), d'ici l'année cible de neutralité carbone de l'entreprise.
  • Option 2 : alignement des fournisseurs et des clients.
    Augmenter la part des fournisseurs et/ou clients de rang 1 (mesurée en émissions, en chiffre d'affaires ou en dépenses) disposant d'objectifs scientifiques validés ou classés « en transition ».
  • Option 3 : objectifs spécifiques par catégorie ou activité.
    Des objectifs adaptés par catégorie de Scope 3, selon un système à paliers (Groupe A pour les catégories amont disposant de trajectoires sectorielles, Groupe B pour les autres catégories amont, Groupe C pour l'aval).

Le seuil de couverture évolue également. L'ancienne règle des 67 % (couvrant au moins 67 % de l'inventaire total du Scope 3) est remplacée par une exigence de traiter chaque catégorie représentant individuellement au moins 5 % du total des émissions de Scope 3. Pour la plupart des entreprises agroalimentaires, cela concerne au minimum l'agriculture, l'emballage, la logistique et l'utilisation du produit.

L'intention affichée est explicitement de réduire la charge de mise en œuvre, non de l'alourdir. Si vous voyez cette norme qualifiée de « plus granulaire », faites preuve de prudence : la SBTi a délibérément simplifié la navigation dans le Scope 3, non l'inverse.

3. Une nouvelle étape obligatoire : l'identification des activités à forte intensité d'émissions (EIA)

L'un des éléments véritablement nouveaux de la version finale, qui ne constituait pas une exigence formelle dans le projet de novembre, est l'identification obligatoire des Emissions-Intensive Activities (EIA), les activités à forte intensité d'émissions.

Les EIA désignent des activités spécifiques de la filière, telles que l'acier, le ciment, la chimie ou les matières premières à risque de déforestation, répertoriées à l'Annexe A de la norme, qui présentent un risque disproportionné en matière d'émissions de Scope 3. Pour les entreprises de catégorie A, l'identification des EIA constitue désormais une étape amont obligatoire, préalable à la définition des objectifs de Scope 3. Le processus comporte trois volets :

  1. Identifier l'ensemble des EIA répertoriées à l'Annexe A présentes dans votre filière.
  2. Quantifier les émissions de Scope 3 associées à chacune, à partir des meilleures données disponibles.
  3. Signaler les EIA significatives (celles représentant au moins 5 % du total du Scope 3) pour une communication distincte et leur intégration dans votre plan de transition sous forme de plan de décarbonation dédié.

Pour les entreprises agroalimentaires, cette exigence est directement pertinente. Les filières agricoles concentrent de nombreuses activités classées EIA : production d'engrais, élevage, matières premières liées à la déforestation. Cette étape formalise ce que les entreprises les plus avancées mettaient déjà en œuvre de manière informelle : identifier et circonscrire les activités où la décarbonation est la plus difficile et les enjeux les plus élevés.

4. Les pools d'activités : ce qu'ils sont, et ce qu'ils ne sont pas

Les pools d'activités (activity pools) désignent des regroupements régionaux ou sectoriels d'acteurs de la filière, par exemple une région productrice de blé, un bassin d'élevage laitier, ou un réseau de sous-traitants de conditionnement partageant le même réseau électrique. Le projet de novembre suggérait que ces pools pouvaient servir de fondement à la définition d'objectifs de Scope 3 : définir un pool, s'engager à l'améliorer, et faire valoir cet engagement comme objectif à part entière.

La version finale trace une ligne claire. Un pool d'activités constitue un outil pour atteindre un objectif, non pour le définir. Une entreprise agroalimentaire doit toujours fixer un objectif de Scope 3 selon l'une des trois options décrites précédemment, puis, si elle le souhaite, s'appuyer sur des interventions menées au sein d'un pool d'activités pour l'atteindre.

À quoi ressemblent les pools d'activités dans la pratique :

Concrètement, la distinction se traduit ainsi : une marque agroalimentaire fixe un objectif au titre de l'Option 2 visant à aligner 80 % de ses fournisseurs de céréales sur des objectifs scientifiques d'ici 2030. Pour y parvenir, elle rejoint un bassin d'approvisionnement céréalier régional (une initiative collective de décarbonation couvrant la culture du blé dans une zone géographique donnée) et s'appuie sur les réductions d'émissions vérifiées de ce pool comme preuve de progrès. Le pool constitue le mécanisme ; l'objectif d'alignement à 80 % des fournisseurs demeure l'élément soumis à validation.

Pour les entreprises qui envisageaient la participation à un pool d'activités comme un raccourci vers la revendication d'un objectif de Scope 3, sans engagement mesurable sous-jacent, ce changement constitue un resserrement significatif. Bonne nouvelle : les pools demeurent une voie de mise en œuvre légitime et utile, en particulier dans les filières agricoles où l'engagement des fournisseurs à l'échelle de l'exploitation n'est pas encore réalisable à grande échelle.

5. La Responsabilité vis-à-vis des émissions continues comporte désormais trois paliers, et non deux

Pour rappel : l'Ongoing Emissions Responsibility (OER), qui a remplacé l'ancien concept de Beyond Value Chain Mitigation, concerne la manière dont une entreprise assume sa responsabilité vis-à-vis des émissions qu'elle continue de produire pendant sa trajectoire vers la neutralité carbone. Plutôt que de les compenser et de passer à autre chose, la norme demande aux entreprises de financer des actions climatiques crédibles (projets de mitigation vérifiés, captation carbone, ou les deux), à hauteur de leurs émissions résiduelles.

Le projet de novembre proposait deux niveaux de reconnaissance : un premier palier symbolique (couvrant 1 % des émissions continues) et un niveau Leadership (couvrant 100 %). Cet écart était si important que la plupart des entreprises ne disposaient d'aucune trajectoire réaliste entre une participation minimale et un engagement total. La version finale corrige ce défaut en introduisant un palier intermédiaire.

Engaged 

Ce palier d'entrée correspond à un financement d'actions climatiques vérifiées couvrant au moins 1 % des émissions continues. Il traduit une participation, sans plus.

Advanced

Ce constitue le nouveau palier, et le plus pertinent en pratique pour les grandes entreprises agroalimentaires. Il exige une couverture à 100 % des émissions de Scope 1 et 2, ainsi qu'un financement du Scope 3 suffisant pour atteindre au moins 10 % du total des émissions continues, à un tarif minimum de 20 dollars par tonne de CO₂. Pour une entreprise dont les émissions de transformation et de logistique sont significatives, il s'agit d'un engagement concret et budgétable.

Leadership

Leadership exige une couverture à 100 % de l'ensemble des émissions continues (Scopes 1, 2 et 3), à un tarif de 80 dollars par tonne. Il s'agit d'un engagement financier considérable, mais désormais mieux défini que dans le projet de novembre.

La participation à l'OER demeure volontaire jusqu'en 2035, date à laquelle les entreprises de catégorie A seront soumises à une exigence obligatoire, dont les modalités seront précisées ultérieurement. D'ici là, toutes les entreprises doivent déclarer leur intention de participer au moment de leur soumission pour la Target Validation.

6. Une gouvernance renforcée : de l'ambition net zéro à la redevabilité net zéro

Le chapitre 1 de la norme, initialement intitulé « Net-Zero Ambition », a été renommé « Net-Zero Governance ». Nous considérons qu'il ne s'agit pas d'un simple changement cosmétique.

Le projet de novembre demandait une déclaration d'ambition net zéro de portée générale, validée par le conseil d'administration. La version finale resserre cette exigence : les entreprises doivent démontrer une redevabilité du conseil d'administration spécifiquement centrée sur la définition des objectifs, des structures de gouvernance documentées, et un mécanisme de révision aligné sur le cycle quinquennal. L'alignement avec la stratégie d'entreprise constitue désormais une exigence formelle, alors qu'il ne s'agissait auparavant que d'une recommandation.

Le délai de publication du plan de transition évolue également. Le projet de novembre exigeait une publication dans les 12 mois suivant la validation initiale. La version finale impose aux entreprises de catégorie A une publication dans les 15 mois suivant la Target Validation. Le contenu obligatoire s'est également élargi : les plans de transition doivent désormais inclure un plan de décarbonation des EIA lorsque des EIA significatives sont identifiées, et traiter de la sortie progressive des énergies fossiles non atténuées, le cas échéant.

7. La vérification par un tiers indépendant devient obligatoire pour les entreprises de catégorie A

Le projet de novembre s'orientait vers une vérification obligatoire sans trancher totalement la question. La version finale tranche définitivement. Les entreprises de catégorie A doivent obtenir une assurance limitée d'un tiers indépendant portant sur leur inventaire GES de l'année de référence (Scopes 1, 2 et 3) ainsi que sur toute EIA significative. Au moment de l'End-of-cycle Assessment, les rapports d'avancement des entreprises de catégorie A devront également faire l'objet d'une telle vérification.

Pour les entreprises agroalimentaires aux filières complexes et multinationales, cette exigence relève le niveau attendu en matière de qualité et de traçabilité des données, bien avant qu'un organisme de validation n'examine une quelconque soumission. Les entreprises qui s'appuient encore sur des estimations basées sur les dépenses pour l'essentiel de leur Scope 3 devront élaborer un plan crédible de montée en gamme de leurs données, non seulement pour leur confiance interne, mais comme condition préalable à la validation.

Ce que la SBTi V2.0 finalisée signifie pour les équipes développement durable du secteur agroalimentaire

Plusieurs éléments évoluent dans la pratique :

  • Si votre équipe dispose déjà d'objectifs validés au titre de la V1, ces objectifs restent valables jusqu'à la fin de votre cycle en cours. La V2.0 s'applique lors de la définition de vos objectifs pour le prochain cycle. Pour la plupart des entreprises ayant des objectifs à horizon 2030, cela signifie fixer des objectifs 2030-2035 dès 2028. Ce qui compte désormais, c'est la préparation : si votre approche actuelle du Scope 3 a été construite autour du cadre par catégorie du projet de novembre, vous disposez encore de temps pour la réaligner sur la structure à trois options de la V2.0 avant le renouvellement.
  • L'identification des EIA constitue désormais une première étape obligatoire. Avant de définir le moindre objectif de Scope 3 au titre de la V2.0, vous devez connaître vos EIA et leur ordre de grandeur approximatif. Pour les entreprises agroalimentaires, cela implique d'obtenir des données d'émissions agricoles amont d'un niveau de granularité que les bases de données génériques ne permettent pas.
  • La planification de l'OER doit débuter dès maintenant. Le palier Advanced constitue un objectif raisonnable et crédible pour la plupart des grandes entreprises agroalimentaires. Budgéter 20 dollars par tCO₂e sur vos émissions de Scope 1 et 2, ainsi que 10 % du total des émissions continues, reste réalisable, mais suppose d'engager les discussions internes sur la tarification carbone bien avant l'échéance obligatoire de 2035.
  • La fenêtre de transition est plus étroite qu'il n'y paraît. La V2.0 entre en vigueur le 1er février 2027, ce qui laisse peu de marge aux entreprises n'ayant pas encore engagé leurs travaux de préparation.

Conclusion

La version finale du Corporate Net-Zero Standard V2.0 de la SBTi représente une réelle amélioration par rapport au projet de novembre, en particulier pour le Scope 3, où la complexité par catégorie a cédé la place à un cadre exigeant mais praticable. L'introduction de l'identification obligatoire des EIA et de la vérification par un tiers relève sensiblement le niveau d'exigence en matière de qualité des données.

Pour les entreprises agroalimentaires, le message pratique est clair : la V2.0 valorise précisément le type de visibilité approfondie sur la filière que Carbon Maps a été conçu pour fournir : des données d'émissions au niveau produit, des données spécifiques aux fournisseurs, et des filières agricoles traçables. Les entreprises qui progresseront le plus rapidement sous la V2.0 ne seront pas celles disposant des modèles les plus sophistiqués, mais celles disposant des données les plus crédibles.

Vous souhaitez comprendre comment les exigences de la V2.0 s'appliquent à votre filière ?

Contactez l'équipe Carbon Maps.

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